Portrait Aristides de Sousa Mendes

Un homme, une grande action, des milliers de vie sauvées... Il ne fut pas seulement un opposant à la barbarie nazie mais un homme qui risqua sa vie pour des inconnus.

« Désormais, je donnerai des visas à tout le monde, il n’y a plus de nationalité, de race, de religion..." » Cette phrase fut annoncée par Aristide de Sousa Mendes. Mais qui était-il vraiment ? Consul général du Portugal basé à Bordeaux depuis 1938, il fut l’une des plus grandes figures du refus diplomatique. Longtemps oublié, il fut réhabilité et reconnu « Juste parmi les Nations ». Découvrons maintenant cet homme qui a permis à environ 30 000 personnes de s’échapper de France, et ainsi de fuir la barbarie nazie…

 

© Famille Sousa Mendes

Aristides de Sousa Mendes (© Famille Sousa Mendes)

 

Aristide de Sousa Mendes naquit le 19 juillet 1885 à Cabanas de Viriato, dans le district de Viseu, au Portugal. Sa famille, son frère jumeau et lui étaient très célèbres à l’époque du fait de leur ancienneté. En 1907, après avoir obtenu une licence en droit à l’université de Coimbra, il se lança dans une brillante carrière dans le domaine diplomatique. En 1909, pour le plus grand bonheur de tous, il se maria avec Angelina, d’origine noble, avec laquelle il eut 14 enfants. Durant de nombreuses années, et même pendant la 1ère première guerre mondiale, il fut consul dans de nombreux pays (Zanzibar, Brésil, Portugal…) Cependant, le régime en place fut marqué par l’arrivée au pouvoir progressive de Salazar, qui mit en place dès 1932 un régime autoritaire. Et ce fut en 1938 qu’Aristides fut nommé consul du Portugal à Bordeaux.

 

© Famille Sousa Mendes

Aristides avec sa femme, Angelina (© Famille Sousa Mendes)

 

L’année 1939 marqua le début de la 2nde guerre mondiale. Le dictateur allemand, Adolf Hitler, conquit la Pologne avec la collaboration du chef russe Staline. Puis, avec l’aide de ses alliés, il mit en place une guerre-éclaire. Les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, ainsi que la France furent conquis en à peine quelques semaines. Le dictateur portugais, Salazar, ainsi que le dictateur espagnol, Francisco Franco avaient assuré la neutralité de leurs deux nations respectives en ratifiant le Pacte Ibérique en mars 1939. En 1940 les Allemands envahirent le nord de la France : il n’y avait pas d’autres solutions pour beaucoup de français et de réfugiés exilés que de fuir vers le sud, c’est-à-dire vers l’Espagne, ou bien vers la Suisse, pour trouver refuge. Hélas, il fallait un visa pour pouvoir franchir la frontière espagnole en toute légalité. Bordeaux se trouvait déjà submergé. L’ambassade du Portugal était toujours dirigée par Aristides de Sousa Mendes depuis 1938. Ayant discuté avec un rabbin qu’il voulait aider, (Jacob Kruger), il décida alors de donner des visas à tout le monde, pour leur permettre de franchir la frontière. Contraint de rentrer au Portugal, il distribua des visas en masse, même pendant son voyage. Il fut démis de ses fonctions le 4 juillet sur ordre de Salazar, pour avoir osé « déshonoré le Portugal devant les autorités espagnoles et les forces allemandes d’occupation. ... » et « osé mettre ses impératifs de conscience au-delà de ses obligations de fonctionnaire". » (Citations du dictateur portugais) Il est condamné, malgré s’être courageusement défendu, à un an d’inactivité, à la réduction de son salaire de moitié, puis à sa mise en retraite durant l’année en cours. Son épouse Angelina, mourut en 1948, la plupart de ses enfants émigrèrent aux Etats-Unis, au Canada ou en Afrique. Il décéda de misère en 1954.

 

© Famille Sousa Mendes

Aristides et Angelina avec la plupart de leurs enfants (© Famille Sousa Mendes)

 

Il fallut attendre très longtemps pour sa réhabilitation, car Salazar s’était félicité hypocritement de l’action du Portugal d’avoir sauvé tant de réfugiés. Aristides de Sousa Mendes reçut le titre posthume de « juste parmi les nations » en 1966, puis reçut, progressivement, de nombreux hommages dans les années qui suivirent. Son action ne peut être oubliée : 30 000 personnes, dont 10 000 juifs, ont réussi, grâce au refus d’un homme, à échapper à la barbarie nazie.

Merci à la famille Sousa Mendes ainsi qu'au Comité Sousa Mendes pour leur collaboration.

Ecrit par Vincent Pérot.

 

 © Famille Sousa Mendes

Mémorial à Bordeaux (© Famille Sousa Mendes)

 

 © Famille Sousa Mendes 

Son petit palais, appelé "Le Passal" (© Famille Sousa Mendes)

 

Pour plus de photos et d'informations au sujet d'Aristides de Sousa Mendes, visitez le site http://www.AristidesDeSousaMendes.com  

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