Critique du film Elle s'appelait Sarah

 Nous allons parler d'un film récemment à l'affiche, que vous avez certainement vu, ou du moins, entendu parler, adapté du huitième roman de Tatiana de Rosnay.

Le principal sujet de ce film est la séquestration de nombreux juifs vivant à Paris, puis de leur déportation à Beaune-la-Rolande, camp de concentration français situé dans le Loiret.

L’histoire s’appuie sur deux personnages clés, une journaliste vivant à Paris au XXIe siècle, (excellemment bien joué par Kristin Scott Thomas), et une petite juive, Sarah, (jouée par Mélusine Mayence), habitant Paris, durant la sombre année de 1942. Arrêtée par la police française lors de la rafle du Veld’hiv, elle parvient à cacher et enfermer son petit frère dans son armoire, tandis qu’elle et ses parents sont parqués au Vélodrome d’hiver (aujourd’hui détruit). Ils y passeront cinq jours, dans lesquels ils attendront, dans la peur et l’angoisse. Puis tous les incarcérés sont alors déportés au célèbre camp français de Beaune-la-Rolande où ils vivront quelques semaines dans des conditions d’hygiènes et de traitements épouvantables. Les parents et les enfants sont ensuite séparés : les enfants restent tandis que les parents font route vers les camps de concentration et d’extermination basés principalement en Pologne. Ces dans ces lieux sinistres et violents que les parents de la petite Sarah trouveront la mort.

 

© Hugo Productions

Kristin Scott Thomas dans le rôle de Julia Armond

 

Inquiète pour son petit frère toujours enfermé dans sa chambre, elle parvient à s’évader, est recueillie par des valeureux paysans puis retournent dans son appartement avec la clé si précieuse pour le délivrer. Malheureusement, elle arrive trop tard. Toute sa vie, elle sera hantée par le regret et la tristesse, et se sentira à jamais responsable, alors qu’à l’origine, elle avait voulu le sauver. Elle est tout de même parvenue à fonder une famille, mais elle s’est suicidée lors d’un mystérieux accident de voiture… C’est à travers ce contexte historique froid et dur de la 2nd guerre mondiale qu’une journaliste d’une quarantaine d’années enquête, pour connaître la vérité au sujet de cette famille. Histoires de familles seront aussi les événements marquants de ce film. Tout au long de ce film, Sarah et la jeune journaliste sont étroitement liées, bien qu’elles ne se soient jamais rencontrées.

 

© Hugo Productions

A. Bajraktaraj, M. Mayance, N. Mashkevich et J. Fournier

 

Il faut tout de même savoir que les allemands n’avaient pas demandé à l’Etat français d’arrêter les familles avec les enfants. C’est donc ce régime, principalement antisémite, qui est en effet responsable de la mort de ces enfants arrêtés lors de la grande rafle en 1942.

Ce film est très intéressant et on s’y accroche très vite. On peut dire en fin de compte que la scène se divise en deux histoires ayant un rapport important l’une avec l’autre. L’histoire principale est la journaliste qui enquête, mais elle est marquée par de nombreuses analepses qui racontent certains passages de la vie de Sarah. C’est une très bonne idée, car cela permet de profiter de scènes variées, tout en évitant de se lasser.

 

© Hugo Productions

Kristin Scott Thomas et Aidan Quinn

 

L’histoire en elle-même est excellente : le suspens est le principal attrait de ce film. Le spectateur reste captivé jusqu’au dernier passage de l’histoire. Au fond de lui, il entretient une petite complicité avec la journaliste : il essaye avec elle de résoudre cette affaire, tout en apprenant de nombreuses choses sur le dramatique événement. De plus, quelques révélations familiales viennent ajouter quelques informations pour compléter l’histoire.

Le réalisme et la qualité du tournage sont biens, pas de souci à signaler de côté-là.

 

© Hugo Productions

Kristin Scott Thomas et James Gérard

 

En conclusion, cette œuvre est à ne pas manquer, il faut impérativement la regarder. C’est à travers une histoire captivante que l’on découvre l’horreur de la rafle du Veld’hiv et de la séquestration des juifs dans le camp de Beaune-la-Rolande.

Au final, pour ceux qui préfèrent les chiffres, je donnerais à ce film une note de 17/20.

Ecrit par Vincent Pérot.

Source des photos : www.allocine.fr

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Commentaires (2)

1. historiquate 29/05/2011

merci pour ce commentaire vraiment utile, je fonce voir ce film, j'en avais déjà entendu parler mais votre critique m'a séduite... ce film m'a tout l'air de ressembler à "la rafle", nn ?

2. Petites Croix Journal (site web) 29/05/2011

Bonjour,
Merci de votre commentaire. En effet, au niveau du contexte historique, il est le même que dans le film "La Rafle" de Rose Bosch. Cependant, l'histoire n'est pas du tout là-même : dans la Rafle, le sujet principal est la terrible rafle du Veld'h'iv tandis que dans celui-ci, l'histoire est surtout axée sur la journaliste et la petite Sarah, victime de la rafle. Une interview de la jeune actrice a été réalisée et est parue dans le journal n°4. L'interview indépendante sera d'ailleurs prochainement disponible sur le site. Personnellement, j'ai trouvé cette histoire un peu plus émouvante et touchante que l'autre, bien que les deux films soient très durs. J'espère avoir répondu à votre question.

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